Au restaurant, je n'arrive pas à supporter les gens qui rient, qui s'amusent, qui profitent de la vie. Leur pitoyable bonheur me rend malade. Et quand je regarde la télé, c'est la vraie vie qu'on me montre ? C'est une blague ? On élève des enfants pour leur faire croire que la vie, c'est Alerte à Malibu, des rires enregistrés, Jenny Jones et ses reality-shows ? De stupides ménagères secouant leurs jambes flasques pour maigrir grâce au Thighmaster de Suzanne Somer ? C'est elle qui a participé à la création du stéréotype de la gourde blonde et elle a fini par devenir cette espèce d'héroïne populo-médiatisée qui essaie de nous vendre un appareil inutile et dont le discours ressemble aux dialogues d'un film porno ou aux paroles d'une chanson d'Aerosmith. Saloperie de consumérisme aveugle. Les cons n'ont que ce qu'ils méritent. Ils sont capables de porter des T-shirts sur lesquels est inscrit << Je suis très con >>, uniquement parce que Cindy Crawford leur a expliqué que c'était cool. J'aimerais les tuer tous, mais ce serait leur rendre service. La pire punition qu'ils méritent est de se lever tous les matins pour mener leur vie à la con, élever leurs connards de mômes dans leurs baraques de merde et, bien sûr, que je fasse un album intitulé Antichrist Superstar qui les emmerdera et les anéantira tous les uns après les autres. Que l'Amérique aille se faire foutre. Et moi aussi. Le monde écarte les jambes pour une autre putain de star...
Extrait du journal intime de Brian Warner, alias Marilyn Manson, de son autobiographie Mémoires de l'Enfer.